Archives mensuelles : décembre 2015

Dictée 18

Bonjour à tous !

C’est les vacances !

Avant de souffler à mon tour ( je ne ferai pas d’article pendant tous les congés de Noël), je vous poste une petite dictée à corriger.

EN 1792 la bourgeoisie d’Issoudun jouissait d’un médecin nommé Rouget, qui passait pour un homme profondément malicieu. Au dire de quelques gens hardis, il rendait sa femme assez malheureuse, quoique ce fût la plus belle femme de la ville. Peut-être cette femme était- elle un peu sotte. Malgré l’inquisition des amis, le comérage des indifférents et les médisances des jaloux, l’intérieur de ce ménage fut peu connu. Le docteur Rouget était un de ces hommes de qui l’on dit famillièrement : « Il n’est pas commode. Aussi, pendant sa vie, garda-t-on le silence sur lui, et lui fit-on bonne mine. Cette femme, une demoiselle Descoings, assez malingre déjà quand elle était fille (ce fut, disait-on, une raison pour le médecin de l’épouser), eu d’abord un fils, puis une fille qui, par hazar, vint dix ans après le frère, et à laquelle, disait-on toujours, le docteur ne s’attendait point, quoi que médecin. Cette fille, tard venue, se nommait Agathe. Ces petits faits sont si simples, si ordinaires, que rien ne semble justifier un historien de les placés en tête d’un récit ; mais, s’ils n’étaient pas connus, un homme de la trempe du docteur Rouget serait jugé comme un monstre, comme un père dénaturé, tandis qu’il obéissait tout bonement à de mauvais penchants que beaucoup de gens abritent sous ce terrible axiome : Un homme doit avoir du caractère! Cette mâle sentence a causé le malheur de bien des femmes. Les Descoings, beau-père et belle-mère du docteur, commissionnaires en laine, se chargeaient également de vendre pour les propriétaires ou d’acheter pour les marchants les toisons d’or du Berry, et tirait des deux côtés un droit de commission. A ce métier, il devinrent riches et furent avares : morale de bien des existences.

correction

Dictée 17

Bonjour à tous,

Avec un peu de retard, en raison d’un planning assez chargé en cette fin d’année voici la dictée à corriger du jour !

A très bientôt,

Roxane

L’impossibillité de réussir par la force m’a fait mettre les armes bas. J’ai proposé aux archers de me permettre du moins de les suivre en leur offrent de les récompenser. Le désir du gain les y a fait conssentir. Ils ont voulus être payés chaque fois qu’ils m’ont accordés la liberté de parler à ma maîtresse. Ma bourse s’est épuisée en peu de temps, et maintenant que je suis sans un sou, ils ont la barbarie de me repousser brutalement lorsque je fais un pas vers elle. Il n’y a qu’un instant, qu’ayant osé m’en approcher malgré leurs menaces, ils ont eu l’insolence de lever contre moi le bout du fusil. Je suis obligé, pour satisfaire leur avarisse et pour me mettre en état de continuer la route à pied, de vendre ici un mauvais cheval qui m’a servi jusqu’à présent de monture.

Quoiqu’il parût faire assez tranquillement ce récit, il laissa tomber quelques larmes en le finissant. Cette aventure me parut des plus extraordinaire et des plus touchante. Je ne vous presse pas, lui dis-je, de me découvrir le secret de vos affaires, mais, si je puis vous être utile à quelque chose, je m’offre volontier à vous rendre service, Hélas ! reprit-il, je ne vois pas le moindre jour à l’espérance.

Il faut que je me soumette à toute la rigueur de mon sort.

J’irai en Amérique. J’y serai du moins libre avec ce que j’aime. J’ai écrit à un de mes amis qui me fera tenir quelques secours au Havre-de-Grâce. Je ne suis embarrassé que pour m’y conduire et pour procurer à cette pauvre créature, ajouta-t-il en regardant tristemment sa maîtresse, quelque soulagement sur la route.

Dictée correction

Dictée numéro 16

Bonjour à tous,

Voici une petite dictée à corriger.

Bon courage à tous et bonnes révisions surtout !

A bientôt,

Roxane

C’était par une belle matinée d’aôut. Il y avait trois jours que mon procès était entammé, trois jours que mon nom et mon crime raliaient chaque matin une nuée de spectateurs, qui venaient s’abattre sur les bancs de la salle d’audience comme des corbeaux autour d’un cadavre, trois jours que toute cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi, passaient et repassaient devant moi, tant tôt grottesque, tant tôt sanglante, toujours sombre et fatale. Les deux premières nuits, d’inquiétude et de terreur, je n’en avais pu dormir ; la troisième, j’en avais dormi d’ennui et de fatigue. À minuit, j’avais laissé les jurés délibérant. On m’avait ramené sur la paille de mon cachot, et j’étais tombé sur-le-champ dans un sommeil profond, dans un sommeil d’oubli.

C’étaient les premières heures de repos depuis bien des jours.

J’étais encore au plus profond de ce profond sommeil lorsqu’on vint me réveiller. Cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrés du guichetié, du cliquetis de son nœud de clefs, du grincement rauque des verroux ; il fallut pour me tirer de ma létargie sa rude voix à mon oreille et sa main rude sur mon bras.

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