Dictée à corriger : semaine 11

Bonjour à tous !

Voici la dictée du vendredi ! J’espère que vous restez motivés !

Bon courage !

Roxane 😉

La dictée :

Je suis obligé de faire remonter mon lecteur au temps de ma vie ou je rencontrai pour la première fois le chevalier des Grieux. Ce fût environ six mois avant mon départ pour l’Espagne. Quoi que je sortisse rarement de ma solitude, la complaisance que j’avais pour ma fille m’engageait quelque fois à divers petits voyages, que j’abrégeais autant qu’il m’était possible. Je revenais un jour de Rouen, où elle m’avait priée d’aller solliciter une affaire au Parlement de Normandie pour la succession de quelques terres auquelles je lui avais laissé des prétentions du côté de mon grand-père maternel. Ayant repris mon chemin par Evreux, où je couchais la première nuit, j’arrivais le lendemain pour dîner à Pacy, qui en est éloigné de cinq ou six lieues. Je fus surpris, en entrant dans ce bour, d’y voir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d’une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux chariots couverts. Les chevaux, qui étaient encore atelés et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur marquaient que ces deux voitures ne faisaient qu’arriver. Je m’arrêtai un moment pour m’informer d’où venait le tumulte ; mais je tirai peu d’éclaircissement d’une populace curieuse, qui ne faisait nulle attention à mes demandes, et qui s’avançait toujours vers l’hôtellerie, en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin, un archer revêtu d’une bandoulière, et le mousquet sur l’épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je le priai de m’apprendre le sujet de ce désordre. Ce n’est rien, monsieur me dit-il ; c’est une douzaine de filles de joies que je conduis, avec mes compagnons, jusqu’au Havre-de-Grâce, où nous les ferons embarquer pour l’Amérique. Il y en a quelques-unes de jolies, et c’est, apparemment ce qui excite la curiosité de ces bons paysans. J’aurais passé après cette explication, si je n’eusse été arrêté par les exclamations d’une vieille femme qui sortait de l’hôtellerie en joignant les mains, et criant que c’était une chose barbare, une chose qui faisait horreur et compation. De quoi s’agit-il donc ? lui dis-je. Ah ! monsieur entrez, répondit-elle, et voyez si ce spectacle n’est pas capable de fendre le coeur ! La curiosité me fit descendre de mon cheval, que je laissai, à mon palefrenier. J’entrai avec peine, en perçant la foule, et je vis, en effet, quelque chose d’assez touchant. Parmi les douze filles qui étaient enchaînés six par six par le milieu du corps, il y en avait une dont l’air et la figure étaient si peu conformes à sa condition, qu’en tout autre état je l’eusse prise pour une personne du premier rang. Sa tristesse et la saleté de son linge et de ses habits l’enlaidissaient si peu que sa vue m’inspira du respect et de la pitiée. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs.

Dictée 11 correction

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