Dictée numéro 15

Bonjour à tous,

Cette semaine , je vous propose de nouveau une dictée à corriger.

Bonnes révisions et bon week-end !

Roxane

Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cet pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autre fois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisie. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’était des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnés, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marroniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plonb à mes cotés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourné la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes ou mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épit mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivit par elle et me disant :

– Ah ! ce n’est qu’un rêve ! – Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entre ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluie à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmurée à mon oreille : – Condamné à mort !

Dictée 16 correction

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