Archives du mot-clé concours orthophonie

Dictée numéro 16

Bonjour à tous,

Voici une petite dictée à corriger.

Bon courage à tous et bonnes révisions surtout !

A bientôt,

Roxane

C’était par une belle matinée d’aôut. Il y avait trois jours que mon procès était entammé, trois jours que mon nom et mon crime raliaient chaque matin une nuée de spectateurs, qui venaient s’abattre sur les bancs de la salle d’audience comme des corbeaux autour d’un cadavre, trois jours que toute cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi, passaient et repassaient devant moi, tant tôt grottesque, tant tôt sanglante, toujours sombre et fatale. Les deux premières nuits, d’inquiétude et de terreur, je n’en avais pu dormir ; la troisième, j’en avais dormi d’ennui et de fatigue. À minuit, j’avais laissé les jurés délibérant. On m’avait ramené sur la paille de mon cachot, et j’étais tombé sur-le-champ dans un sommeil profond, dans un sommeil d’oubli.

C’étaient les premières heures de repos depuis bien des jours.

J’étais encore au plus profond de ce profond sommeil lorsqu’on vint me réveiller. Cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrés du guichetié, du cliquetis de son nœud de clefs, du grincement rauque des verroux ; il fallut pour me tirer de ma létargie sa rude voix à mon oreille et sa main rude sur mon bras.

Correction

Dictée numéro 15

Bonjour à tous,

Cette semaine , je vous propose de nouveau une dictée à corriger.

Bonnes révisions et bon week-end !

Roxane

Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cet pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autre fois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisie. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’était des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnés, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marroniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plonb à mes cotés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourné la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes ou mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épit mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivit par elle et me disant :

– Ah ! ce n’est qu’un rêve ! – Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entre ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluie à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmurée à mon oreille : – Condamné à mort !

Dictée 16 correction

Dictée à corriger : semaine 12

Bonjour à tous,

Comme promis, la dictée du vendredi !

Bon courage !

😉

La dictée :

L’effort qu’elle faisait pour se cacher était si naturelle, qu’il paraissait venir d’un sentiment de modestie. Comme les six gardes qui accompagnait cette malheureuse bande étaient aussi dans la chambre, je pris le chef en particulier et je lui demandai quelques lumières sur le sort de cette belle fille. Il ne put m’en donner que de forts générales. Nous l’avons tirée de l’Hôpital, me dit-il, par ordre de M. le Lieutenant général de Police. Il n’y a pas d’apparence qu’elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions. Je l’ai interrogé plusieurs fois sur la route, elle s’obstine à ne me rien répondre. Mais, quoique je n’aie pas reçu ordre de la ménager plus que les autres, je ne laisse pas d’avoir quelques égards pour elle, parce qu’il me semble qu’elle vaut un peu mieux que ses compagnes. Voilà un jeune homme, ajouta l’archer qui pourrait vous instruire mieux que moi sur la cause de sa disgrâce ; il l’a suivie depuis Paris, sans sesser presque un moment de pleurer Il faut que ce soit son frère ou son amant. Je me tournai vers le coin de la chambre où ce jeune homme était assis. Il paraissait ensseveli dans une rêverie profonde. Je n’ai jamais vu de plus vive image de la douleur.

Il était mis fort simplement ; mais on distingue, au premier coup d’oeil, un homme qui a de la naissance et de l’éducation. Je m’approchai de lui. Il se leva ; et je découvris dans ses yeux, dans sa figure et dans tout ses mouvements, un air si fin et si noble que je me sentis porté naturellement à lui vouloir du bien. Que je ne vous trouble point, lui dis-je, en m’asseyant près de lui. Voulez-vous bien satisfaire la curiosité que j’ai de connaître cette belle personne, qui ne me paraît point faite pour le triste état où je la vois ? Il me répondit honnètement qu’il ne pouvait m’apprendre qui elle était sans se faire connaître lui-même, et qu’il avait de fortes raisons pour souhaiter de demeurer inconnu. Je puis vous dire, néanmoins, ce que ces misérables n’ignorent point, continua-t-il en montrant les archers, c’est que je l’aime avec une passion si violente qu’elle me rend le plus infortuné de tous les hommes. J’ai tout employé, à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sollicitations, l’adresse et la force m’ont été inutile ; j’ai pris le partit de la suivre, dut-elle aller au bout du monde. Je m’embarquerai avec elle ; je passerai en Amérique. Mais ce qui est de la dernière inumanité, ces lâches coquins, ajouta-t-il en parlant des archers, ne veulent pas me permettre d’approcher d’elle. Mon dessein était de les attaquer ouvertement, à quelques lieues de Paris. Je m’étais associé quatre hommes qui m’avaient promis leur secoure pour une somme considérable. Les traîtres m’ont laissé seul aux mains et sont partis avec mon argent.

Dictée 12 correction

Dictée à corriger : semaine 11

Bonjour à tous !

Voici la dictée du vendredi ! J’espère que vous restez motivés !

Bon courage !

Roxane 😉

La dictée :

Je suis obligé de faire remonter mon lecteur au temps de ma vie ou je rencontrai pour la première fois le chevalier des Grieux. Ce fût environ six mois avant mon départ pour l’Espagne. Quoi que je sortisse rarement de ma solitude, la complaisance que j’avais pour ma fille m’engageait quelque fois à divers petits voyages, que j’abrégeais autant qu’il m’était possible. Je revenais un jour de Rouen, où elle m’avait priée d’aller solliciter une affaire au Parlement de Normandie pour la succession de quelques terres auquelles je lui avais laissé des prétentions du côté de mon grand-père maternel. Ayant repris mon chemin par Evreux, où je couchais la première nuit, j’arrivais le lendemain pour dîner à Pacy, qui en est éloigné de cinq ou six lieues. Je fus surpris, en entrant dans ce bour, d’y voir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d’une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux chariots couverts. Les chevaux, qui étaient encore atelés et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur marquaient que ces deux voitures ne faisaient qu’arriver. Je m’arrêtai un moment pour m’informer d’où venait le tumulte ; mais je tirai peu d’éclaircissement d’une populace curieuse, qui ne faisait nulle attention à mes demandes, et qui s’avançait toujours vers l’hôtellerie, en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin, un archer revêtu d’une bandoulière, et le mousquet sur l’épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je le priai de m’apprendre le sujet de ce désordre. Ce n’est rien, monsieur me dit-il ; c’est une douzaine de filles de joies que je conduis, avec mes compagnons, jusqu’au Havre-de-Grâce, où nous les ferons embarquer pour l’Amérique. Il y en a quelques-unes de jolies, et c’est, apparemment ce qui excite la curiosité de ces bons paysans. J’aurais passé après cette explication, si je n’eusse été arrêté par les exclamations d’une vieille femme qui sortait de l’hôtellerie en joignant les mains, et criant que c’était une chose barbare, une chose qui faisait horreur et compation. De quoi s’agit-il donc ? lui dis-je. Ah ! monsieur entrez, répondit-elle, et voyez si ce spectacle n’est pas capable de fendre le coeur ! La curiosité me fit descendre de mon cheval, que je laissai, à mon palefrenier. J’entrai avec peine, en perçant la foule, et je vis, en effet, quelque chose d’assez touchant. Parmi les douze filles qui étaient enchaînés six par six par le milieu du corps, il y en avait une dont l’air et la figure étaient si peu conformes à sa condition, qu’en tout autre état je l’eusse prise pour une personne du premier rang. Sa tristesse et la saleté de son linge et de ses habits l’enlaidissaient si peu que sa vue m’inspira du respect et de la pitiée. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs.

Dictée 11 correction