Archives du mot-clé dictée à corriger

Dictée 20

Bonjour à tous,

C’est le week-end !

Voici de quoi vous entraîner avec une nouvelle dictée à corriger.

A bientôt,

Roxane

Descoings, le fils, le cadé de madame Rouget, ne

se plut pas à Issoudun. Il alla chercher fortune à Paris et

s’y établit épicier dans la rue Saint-Honoré. Ce fut sa perte.

Mais, que voulez-vous ! L’épicier est entrainé vers son commerce

par une force attractive égal à la force de répulsion qui en

éloigne les artistes. On n’a pas assez étudié les forces sociales

qui constituent les diverse vocations. Il serait curieu de savoir

ce qui détermine un homme à se faire papetier plutôt que bou-

langer, du moment ou les fils ne succèdent pas forcément au

métier de leur père, comme chez les Égyptiens. L’amour

avait aidé la vocation chez Descoings. Il s’était dit : « Et moi

aussi, je serais épicier ! En se disant autre chose à l’aspect de sa

patronne, fort belle créature de laquelle il devint éperdument

amoureux. Sans autre aide que la patience, et un peu d’argent

que lui envoyèrent ses père et mère, il épousa la veuve du sieur

Bixiou, son prédécesseur. En 1792 Descoings passait pour faire

d’excellentes affaires. Les vieux Descoings vivaient encore à

cette époque. Sortis des laines, ils employaient leurs fonds à

l’achat de biens nationaux : autre toison d’or! Leur gendre, à

peu prêt sûre d’avoir bientôt à pleurer sa femme, envoya sa fille

à Paris, chez son beau-frère, autant pour lui faire voir la capi-

tale que par une pensée matoise. Descoings n’a pas d’enfants.

M™^ Descoings, de douze ans plus âgé que son mari, se por-

tait fort bien; mais elle était grasse comme une grive après la

vendange, et le rusé Rouget savait assez de médecine pour pré-

voir que monsieur et madame Descoings, contrairement à la morale des

contes de fées, serait toujours heureux et n’auraient point

d’enfants. Ce ménage pourrait se passionner pour Agathe.

correction

Dictée : 19

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez bien !

Voici la dictée à corriger du jour !

Ce peu de mots, comme le fil qui romp le vol de l’insecte, me rejeta violemment dans la réalité. Je revis soudain, comme dans la lumière d’un éclair, la sombre salle des assises, le fer à cheval des juges chargés de haillon ensanglantés, les trois rangs de témoins aux faces stupides, les deux gendarmes aux deux bouts de mon banc, et les robes noires s’agité et les têtes de la foule fourmillier au fond dans l’ombre, et s’arrêter sur moi le regard fixe de ces douze jurés, qui avaient veillé pendant que je dormais !

Je me levais ; mes dents claquaient, mes mains tremblaient et ne savaient ou trouver mes vêtements, mes jambes étaient faibles. Au premier pas que je fis, je trébuchai comme un portefaix trop chargé. Cependant je suivis le gêolier.

Les deux gendarmes m’attendaient au seuil de la cellule. On me remit les menottes. Cela avait une petite serrure compliquée qu’ils fermèrent avec soin.

Je laissai faire : c’était une machine sur une machine.

Nous traversâmes une cour intérieure. L’air vif du matin me ranima. Je levais la tête. Le ciel était bleu, et les rayons chaud du soleil, découpés par les longues cheminées, traçaient de grands angles de lumière au faîte des murs hauts et sombres de la prison. Il faisait beau en effet.

Nous montâmes un escalier tournant en vis ; nous passâmes un corridore, puis un autre, puis un troisième ; puis une porte basse s’ouvrit. Un air chaud, mêlé de bruit, vint me frapper au visage ; c’était le souffle de la foule dans la salle des assises. J’entrai.

correction

Dictée 18

Bonjour à tous !

C’est les vacances !

Avant de souffler à mon tour ( je ne ferai pas d’article pendant tous les congés de Noël), je vous poste une petite dictée à corriger.

EN 1792 la bourgeoisie d’Issoudun jouissait d’un médecin nommé Rouget, qui passait pour un homme profondément malicieu. Au dire de quelques gens hardis, il rendait sa femme assez malheureuse, quoique ce fût la plus belle femme de la ville. Peut-être cette femme était- elle un peu sotte. Malgré l’inquisition des amis, le comérage des indifférents et les médisances des jaloux, l’intérieur de ce ménage fut peu connu. Le docteur Rouget était un de ces hommes de qui l’on dit famillièrement : « Il n’est pas commode. Aussi, pendant sa vie, garda-t-on le silence sur lui, et lui fit-on bonne mine. Cette femme, une demoiselle Descoings, assez malingre déjà quand elle était fille (ce fut, disait-on, une raison pour le médecin de l’épouser), eu d’abord un fils, puis une fille qui, par hazar, vint dix ans après le frère, et à laquelle, disait-on toujours, le docteur ne s’attendait point, quoi que médecin. Cette fille, tard venue, se nommait Agathe. Ces petits faits sont si simples, si ordinaires, que rien ne semble justifier un historien de les placés en tête d’un récit ; mais, s’ils n’étaient pas connus, un homme de la trempe du docteur Rouget serait jugé comme un monstre, comme un père dénaturé, tandis qu’il obéissait tout bonement à de mauvais penchants que beaucoup de gens abritent sous ce terrible axiome : Un homme doit avoir du caractère! Cette mâle sentence a causé le malheur de bien des femmes. Les Descoings, beau-père et belle-mère du docteur, commissionnaires en laine, se chargeaient également de vendre pour les propriétaires ou d’acheter pour les marchants les toisons d’or du Berry, et tirait des deux côtés un droit de commission. A ce métier, il devinrent riches et furent avares : morale de bien des existences.

correction

Dictée 17

Bonjour à tous,

Avec un peu de retard, en raison d’un planning assez chargé en cette fin d’année voici la dictée à corriger du jour !

A très bientôt,

Roxane

L’impossibillité de réussir par la force m’a fait mettre les armes bas. J’ai proposé aux archers de me permettre du moins de les suivre en leur offrent de les récompenser. Le désir du gain les y a fait conssentir. Ils ont voulus être payés chaque fois qu’ils m’ont accordés la liberté de parler à ma maîtresse. Ma bourse s’est épuisée en peu de temps, et maintenant que je suis sans un sou, ils ont la barbarie de me repousser brutalement lorsque je fais un pas vers elle. Il n’y a qu’un instant, qu’ayant osé m’en approcher malgré leurs menaces, ils ont eu l’insolence de lever contre moi le bout du fusil. Je suis obligé, pour satisfaire leur avarisse et pour me mettre en état de continuer la route à pied, de vendre ici un mauvais cheval qui m’a servi jusqu’à présent de monture.

Quoiqu’il parût faire assez tranquillement ce récit, il laissa tomber quelques larmes en le finissant. Cette aventure me parut des plus extraordinaire et des plus touchante. Je ne vous presse pas, lui dis-je, de me découvrir le secret de vos affaires, mais, si je puis vous être utile à quelque chose, je m’offre volontier à vous rendre service, Hélas ! reprit-il, je ne vois pas le moindre jour à l’espérance.

Il faut que je me soumette à toute la rigueur de mon sort.

J’irai en Amérique. J’y serai du moins libre avec ce que j’aime. J’ai écrit à un de mes amis qui me fera tenir quelques secours au Havre-de-Grâce. Je ne suis embarrassé que pour m’y conduire et pour procurer à cette pauvre créature, ajouta-t-il en regardant tristemment sa maîtresse, quelque soulagement sur la route.

Dictée correction

Dictée numéro 16

Bonjour à tous,

Voici une petite dictée à corriger.

Bon courage à tous et bonnes révisions surtout !

A bientôt,

Roxane

C’était par une belle matinée d’aôut. Il y avait trois jours que mon procès était entammé, trois jours que mon nom et mon crime raliaient chaque matin une nuée de spectateurs, qui venaient s’abattre sur les bancs de la salle d’audience comme des corbeaux autour d’un cadavre, trois jours que toute cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi, passaient et repassaient devant moi, tant tôt grottesque, tant tôt sanglante, toujours sombre et fatale. Les deux premières nuits, d’inquiétude et de terreur, je n’en avais pu dormir ; la troisième, j’en avais dormi d’ennui et de fatigue. À minuit, j’avais laissé les jurés délibérant. On m’avait ramené sur la paille de mon cachot, et j’étais tombé sur-le-champ dans un sommeil profond, dans un sommeil d’oubli.

C’étaient les premières heures de repos depuis bien des jours.

J’étais encore au plus profond de ce profond sommeil lorsqu’on vint me réveiller. Cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrés du guichetié, du cliquetis de son nœud de clefs, du grincement rauque des verroux ; il fallut pour me tirer de ma létargie sa rude voix à mon oreille et sa main rude sur mon bras.

Correction

Dictée numéro 15

Bonjour à tous,

Cette semaine , je vous propose de nouveau une dictée à corriger.

Bonnes révisions et bon week-end !

Roxane

Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cet pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autre fois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisie. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’était des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnés, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marroniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plonb à mes cotés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourné la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes ou mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épit mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivit par elle et me disant :

– Ah ! ce n’est qu’un rêve ! – Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entre ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluie à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmurée à mon oreille : – Condamné à mort !

Dictée 16 correction

Dictée à corriger 14

Bonjour à tous,

Cette semaine , je vous propose de nouveau une dictée à corriger.

Faire ce genre d’exercice régulièrement vous permet d’améliorer considérablement votre niveau.

A bientôt et bon courage !

Roxane

Dictée

Ma mère, quand il fut question d’avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le Professeur Cottard fût en voyage et qu’elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l’un et l’autre eussent sans doute intéressé l’ancien Ambassadeur, mon père répondit qu’un convive émminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbrouffeur que le Marquis de Norpois eût sans doute trouvé selon son expression, «puant». Or cette réponse de mon père demande quelques mots d’explications, certaines personnes se souvenant peut-être d’un Cottard bien médiocre et d’un Swann poussant jusqu’à la plus extrême délicatesse, en matière mondaine, la modestie et la discrétion. Mais pour ce qui regarde celui-ci, il était arrivé qu’au «fils Swann» et aussi au Swann du Jockey, l’ancien ami de mes parents avait ajouté une personnalité nouvelle (et qui ne devait pas être la dernière), celle de mari d’Odette. Adaptant aux humbles ambissions de cette femme, l’instint, le désir, l’industrie, qu’il avait toujours eu, il s’était ingénié à se bâtir, fort au-dessous de l’ancienne, une position nouvelle et appropriée à la compagne qui l’occuperait avec lui. Or il si montrait un autre homme. Puisque (tout en continuant à fréquenter seul ses amis personnels, à qui il ne voulait pas imposer Odette quand ils ne lui demandait pas spontanément à la connaître) c’était une seconde vie qu’il commençait, en commun avec sa femme, au milieu d’êtres nouveaux, on eût encore compris que pour mesurer le rang de ceux-ci, et par conséquent le plaisir d’amour-propre qu’il pouvait éprouver à les reçevoir, il se fût servi, comme un point de comparaison, non pas des gens les plus brillant qui formaient sa société avant son mariage, mais des relations antérieurs d’Odette.

Correction

Dictée à corriger : 13

Bonjour à tous,

Voici pour vous une nouvelle dictée à corriger !

Je sais que vous tenez à cette rubrique .

Bonnes révisions et à très vite !

Roxane

La dictée

L’effort qu’elle faisait pour se cacher était si naturelle, qu’il paraissait venir d’un sentiment de modestis. Comme les six gardes qui accompagnaient cette malheureuse bande étaient aussi dans la chambre, je pris le chef en particulier et je lui demandais quelques lumières sur le sort de cette belle fille. Il ne pût m’en donner que de fort générales. Nous l’avons tiré de l’Hôpital, me dit-il, par ordre de M. le Lieutenant général de Police. Il n’y a pas d’apparence qu’elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions. Je l’ai interrogé plusieurs fois sur la route, elle s’obstine à ne me rien répondre. Mais, quoique je n’ais pas reçu ordre de la ménager plus que les autres, je ne laisse pas d’avoir quelques égards pour elle, parce qu’il me semble qu’elle vaut un peu mieux que ces compagnes. Voilà un jeune homme, ajouta l’archer qui pourrait vous instruire mieux que moi sur la cause de sa disgrâce ; il la suivie depuis Paris, sans cesser presque un moment de pleurer Il faut que ce soit son frère ou son amant. Je me tournai vers le coin de la chambre où ce jeune homme était assis. Il paraissait enseveli dans une rêverie profonde. Je n’ai jamais vu de plus vive image de la douleur.

Il était mis fort simplement ; mais on distingue, au premier coup d’œil, un homme qui a de la naissance et de l’éducation. Je m’approchai de lui. Il se leva ; et je découvris dans ses yeux, dans sa figure et dans tous ses mouvements, un air si fin et si noble que je me sentis porté naturellement à lui vouloir du bien. Que je ne vous trouble point, lui dis-je, en m’asseyant près de lui. Voulez-vous bien satisfaire la curiosité que j’ai de connaître cette belle personne, qui ne me paraît point faite pour le triste état où je la vois ? Il me répondit honêtement qu’il ne pouvait m’apprendre qui elle était sans se faire connaitre lui-même, et qu’il avait de fortes raisons pour souhaiter de demeurer inconnu. Je puis vous dire, néant moins, ce que ces misérables n’ignore point, continua-t-il en montrant les archers, c’est que je l’aime avec une passion si violente qu’elle me rend le plus infortuné de tous les hommes. J’ai tout employé, à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sollicitations, l’adresse et la force m’ont été inutiles ; j’ai pris le parti de la suivre, dût-elle aller au bout du monde. Je m’embarquerai avec elle ; je passerai en Amérique. Mais ce qui est de la dernière inhumanité, ces laches coquins, ajouta-t-il en parlant des archers, ne veulent pas me permettre d’approcher d’elle. Mon dessein était de les attaquer ouvertement, à quelques lieu de Paris. Je m’étais associé quatre hommes qui m’avaient promis leur secours pour une somme considérable. Les traîtres m’ont laissé seul aux mains et sont partis avec mon argent.

Correction

Dictée à corriger : semaine 12

Bonjour à tous,

Comme promis, la dictée du vendredi !

Bon courage !

😉

La dictée :

L’effort qu’elle faisait pour se cacher était si naturelle, qu’il paraissait venir d’un sentiment de modestie. Comme les six gardes qui accompagnait cette malheureuse bande étaient aussi dans la chambre, je pris le chef en particulier et je lui demandai quelques lumières sur le sort de cette belle fille. Il ne put m’en donner que de forts générales. Nous l’avons tirée de l’Hôpital, me dit-il, par ordre de M. le Lieutenant général de Police. Il n’y a pas d’apparence qu’elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions. Je l’ai interrogé plusieurs fois sur la route, elle s’obstine à ne me rien répondre. Mais, quoique je n’aie pas reçu ordre de la ménager plus que les autres, je ne laisse pas d’avoir quelques égards pour elle, parce qu’il me semble qu’elle vaut un peu mieux que ses compagnes. Voilà un jeune homme, ajouta l’archer qui pourrait vous instruire mieux que moi sur la cause de sa disgrâce ; il l’a suivie depuis Paris, sans sesser presque un moment de pleurer Il faut que ce soit son frère ou son amant. Je me tournai vers le coin de la chambre où ce jeune homme était assis. Il paraissait ensseveli dans une rêverie profonde. Je n’ai jamais vu de plus vive image de la douleur.

Il était mis fort simplement ; mais on distingue, au premier coup d’oeil, un homme qui a de la naissance et de l’éducation. Je m’approchai de lui. Il se leva ; et je découvris dans ses yeux, dans sa figure et dans tout ses mouvements, un air si fin et si noble que je me sentis porté naturellement à lui vouloir du bien. Que je ne vous trouble point, lui dis-je, en m’asseyant près de lui. Voulez-vous bien satisfaire la curiosité que j’ai de connaître cette belle personne, qui ne me paraît point faite pour le triste état où je la vois ? Il me répondit honnètement qu’il ne pouvait m’apprendre qui elle était sans se faire connaître lui-même, et qu’il avait de fortes raisons pour souhaiter de demeurer inconnu. Je puis vous dire, néanmoins, ce que ces misérables n’ignorent point, continua-t-il en montrant les archers, c’est que je l’aime avec une passion si violente qu’elle me rend le plus infortuné de tous les hommes. J’ai tout employé, à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sollicitations, l’adresse et la force m’ont été inutile ; j’ai pris le partit de la suivre, dut-elle aller au bout du monde. Je m’embarquerai avec elle ; je passerai en Amérique. Mais ce qui est de la dernière inumanité, ces lâches coquins, ajouta-t-il en parlant des archers, ne veulent pas me permettre d’approcher d’elle. Mon dessein était de les attaquer ouvertement, à quelques lieues de Paris. Je m’étais associé quatre hommes qui m’avaient promis leur secoure pour une somme considérable. Les traîtres m’ont laissé seul aux mains et sont partis avec mon argent.

Dictée 12 correction

Dictée à corriger : semaine 11

Bonjour à tous !

Voici la dictée du vendredi ! J’espère que vous restez motivés !

Bon courage !

Roxane 😉

La dictée :

Je suis obligé de faire remonter mon lecteur au temps de ma vie ou je rencontrai pour la première fois le chevalier des Grieux. Ce fût environ six mois avant mon départ pour l’Espagne. Quoi que je sortisse rarement de ma solitude, la complaisance que j’avais pour ma fille m’engageait quelque fois à divers petits voyages, que j’abrégeais autant qu’il m’était possible. Je revenais un jour de Rouen, où elle m’avait priée d’aller solliciter une affaire au Parlement de Normandie pour la succession de quelques terres auquelles je lui avais laissé des prétentions du côté de mon grand-père maternel. Ayant repris mon chemin par Evreux, où je couchais la première nuit, j’arrivais le lendemain pour dîner à Pacy, qui en est éloigné de cinq ou six lieues. Je fus surpris, en entrant dans ce bour, d’y voir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d’une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux chariots couverts. Les chevaux, qui étaient encore atelés et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur marquaient que ces deux voitures ne faisaient qu’arriver. Je m’arrêtai un moment pour m’informer d’où venait le tumulte ; mais je tirai peu d’éclaircissement d’une populace curieuse, qui ne faisait nulle attention à mes demandes, et qui s’avançait toujours vers l’hôtellerie, en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin, un archer revêtu d’une bandoulière, et le mousquet sur l’épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je le priai de m’apprendre le sujet de ce désordre. Ce n’est rien, monsieur me dit-il ; c’est une douzaine de filles de joies que je conduis, avec mes compagnons, jusqu’au Havre-de-Grâce, où nous les ferons embarquer pour l’Amérique. Il y en a quelques-unes de jolies, et c’est, apparemment ce qui excite la curiosité de ces bons paysans. J’aurais passé après cette explication, si je n’eusse été arrêté par les exclamations d’une vieille femme qui sortait de l’hôtellerie en joignant les mains, et criant que c’était une chose barbare, une chose qui faisait horreur et compation. De quoi s’agit-il donc ? lui dis-je. Ah ! monsieur entrez, répondit-elle, et voyez si ce spectacle n’est pas capable de fendre le coeur ! La curiosité me fit descendre de mon cheval, que je laissai, à mon palefrenier. J’entrai avec peine, en perçant la foule, et je vis, en effet, quelque chose d’assez touchant. Parmi les douze filles qui étaient enchaînés six par six par le milieu du corps, il y en avait une dont l’air et la figure étaient si peu conformes à sa condition, qu’en tout autre état je l’eusse prise pour une personne du premier rang. Sa tristesse et la saleté de son linge et de ses habits l’enlaidissaient si peu que sa vue m’inspira du respect et de la pitiée. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs.

Dictée 11 correction